La Dysgraphie

 

La dysgraphie est un symptôme et non une pathologie comme on pourrait le penser !

 

50% des dysgraphies sont isolées

50% des dysgraphies sont la conséquence d’un trouble (TDA/H, TSA…)


Les signes de la dysgraphie :

  • La Concentration :

L’enfant est plus concentré sur son geste d’écriture que sur le sens de ce qu’il produit, sur l’orthographe, ou bien sur son environnement. Il est en quasi-permanence en situation de “double tâche” et ne peut pas présenter le même niveau attentionnel que celui exigé par la situation scolaire. Ou bien oui, il peut, mais sur une durée moins importante, et au détriment de son geste graphique qui a besoin d’être directement contrôlé. Voici ce qui se passe :

  • La Douleur :

Demandez à votre enfant si l’activité d’écriture est douloureuse pour lui. En effet, il peut penser que cette douleur est normale car il s’agit souvent d’une douleur qui se déclenche lors d’une copie qualifiée de “longue” par l’enfant. Mais s’il présente une dysgraphie, une copie “longue” pour lui est “courte” pour nous. Celle-ci peut donc passer inaperçue. Elle peut être localisée au niveau des doigts, du poignet, de l’avant-bras… tout dépend de l’analyse posturale de l’activité réalisée lors du bilan en ergothérapie.

 

  • La Qualité :

Sur les copies : “Applique-toi !”, “Mal écrit”, “Ecriture illisible”, “Brouillon”, “- 1 point pour la tenue”, “Sale !”

Parents : “Je dois demander les leçons et les devoirs à d’autres parents, je ne peux pas le relire !”, “J’ai l’impression qu’il bâcle son écriture, qu’il s’en moque”

Enfant, (souvent gêné) : “J’écris mal”, “Quand je ralentis, j’écris mieux mais pas bien”

L’écriture est irrégulière (hauteur des lettres, taille des mots), manque de fluidité (aspect “haché”), mauvaise gestion de l’espace (non respect des lignages).

 

  • La lenteur :

L’enfant fait partie des élèves qui finissent de copier en dernier. La vitesse est anormalement lente par rapport aux autres élèves. Cet aspect de la dysgraphie peut passer inaperçu dans le cas où l’enfant fait un effort considérable pour maintenir la vitesse exigée par l’enseignant et la classe, mais souvent au détriment de la qualité de l’écriture qui se dégrade de manière importante.


Que faire ?

Dans le cadre de troubles des apprentissages, il faudra consulter un professionnel spécialisé qui aura une vision plus large que celle de la rééducation de l’écriture pure. En effet, il ne s’agit pas de “faire des lignes” pour entrainer sa main a être de plus en plus précise. Le trouble de l’écriture peut avoir plusieurs origines et doit être évalué par un professionnel de santé qui utilise des bilans étalonnés et spécifiques.

La dysgraphie peut, par exemple, être la conséquence d’un trouble attentionnel : l’enfant n’a pas les capacités attentionnelles nécessaires pour produire un écrit lisible, car il est trop rapide et ne peut se réguler. Elle peut être liée à une dyspraxie visuo-spatiale, qui peut empêcher l’enfant de se repérer dans les lignes, dans le geste de formation des lettres (distorsion). On peut également la retrouver associée à des troubles sensori-moteurs : mauvaise posture, mauvaise tenue de l’outil, mauvaise utilisation et coordination des articulations et des muscles, entrainant un hyper appui, des douleurs, etc… On peut considérer qu’il y a autant d’origines possibles que d’enfants et chacun devrait pouvoir bénéficier d’un accompagnement adapté en fonction de ses besoins et de ses capacités.

En fonction des résultats du bilan, l’ergothérapeute proposera dans un premier temps de travailler les paramètres déficitaires associés à la dysgraphie (attention, habiletés gestuelles, repérage dans l’espace, etc…), pour pouvoir par la suite préciser son intervention sur une rééducation de l’écriture spécifique. Dans le cas d’une dysgraphie à répercussions trop importantes ou d’une consultation trop tardive (âge de l’enfant trop avancé), une solution de compensation telle que la mise en place de l’outil informatique pourra être proposée.

 

Inspiré de : "Les 4 signes d'alerte de la dysgraphie de l'enfant", Juliette Lequinio, ergothérapeute

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